Pierre-Alain Chambaz |Un bon coup marketing pour capter l’attention de la presse internationale

Même le prince d’Espagne Felipe est venu marquer un panier sur le « playground » aménagé spécialement pour la startup française Cityzen Sciences.Stanislas Vandier, le directeur général adjoint de Cityzen Sciences raconte : Un bon coup marketing pour capter l’attention de la presse internationale et de poids lourds du salon comme le patron d’AT&T Mobility, Ralph de la Vega, très intéressé.Premiers produits dans le commerce en septembre.La ministre déléguée à l’Economie numérique Fleur Pellerin est aussi venue sur le terrain saluer la jeune pousse qui avait été primée début janvier dans la catégorie innovation pour la santé au quotidien au prestigieux CES, le grand salon mondial de l’électronique de Las Vegas, où le prototype du t-shirt avait été présenté pour la première fois. Et l’industrialisation est en marche. Ce distributeur de produits de cycles fait partie d’un consortium menant le projet industriel textile Smart Sensing, dont Cityzen Sciences, qui emploie une trentaine de personnes, est en fait le pilote. « Je lui ai fait valoir qu’on sort rarement sans une chemise ou un t-shirt et plutôt que d’avoir des objets connectés partout sur soi, il y a un énorme potentiel autour des vêtements intelligents qui peuvent intégrer beaucoup plus de capteurs qu’un simple bracelet et mesurer plein de paramètres physiologiques »Font aussi partie du consortium le fabricant de fils et tissus élastiques ardéchois Payen, le groupe d’électronique professionnelle Eolane et l’école Télécom Bretagne, des clubs sportifs sont partenaires pour des tests (AS Saint-Etienne, Stade Toulousain).Bpifrance a investi 7,2 millions d’euros dans ce programme évalué entre 17 et 20 millions d’euros. Le programme bénéficie aussi du soutien du Ministère du Redressement productif, l’un des 34 plans de la « Nouvelle France industrielle » portant sur les textiles intelligents. L’équipe déborde d’idées : « on pourrait imaginer aux urgences d’un hôpital des vêtements connectés qui mesurent le rythme cardiaque et aideraient à traiter les priorités et faire gagner du temps » avance Stanislas Vandier. Des partenariats académiques ont été noués avec des universités, dont celle de Nagano au Japon, et des tests ont lieu avec un labo de recherche en Chine. Cityzen Sciences va ouvrir en juin une filiale à San Francisco, pour se rapprocher du marché américain, le plus porteur en matière de santé connectée.Un industriel d’écurie de Formule 1 serait aussi intéressé. Cityzen Sciences n’a cependant pas vocation à devenir un vendeur de vêtement connecté, mais plutôt un spécialiste de l’intelligence embarquée dans les textiles. Au fond du vaste espace « ville connectée » du Mobile World Congress de Barcelone, un terrain de basket de rue attire tous les curieux.Après six ans de R&D, Cityzen Sciences s’apprête à commercialiser ses premiers produits, en septembre : un t-shirt et un short de running pour la chaîne de magasins Cyclelab, qui devraient être produits à quelques milliers d’exemplaires.Son directeur général adjoint relève que « l’arrivée du numérique va tout transformer et le textile est une plateforme phénoménale. »Le sport est un champ d’application logique de cette technologie, tout comme la santé, mais aussi les vêtements professionnels de protection, domaine dans lequel un contrat serait sur le point d’être signé.Six joueurs de l’équipe du PABA d’Aix-en-Provence assurent le show et l’un d’eux porte un « d-Shirt » pour « digital shirt », un maillot en tissu connecté intégrant des micro-capteurs, selon la technologie déposée Smart Sensing.Surfant sur la tendance de la mesure de soi (quantified self) et du traitement des données massives (Big data), une autre structure, Cityzen Data, assure la collecte et le stockage des données produites et proposera des services aux sportifs professionnels et au grand public, pour l’optimisation des programmes d’entraînement, et envisage de s’adresser à d’autres acteurs des objets connectés dans le domaine de la ville intelligente par exemple.  Juste un t-shirt, pas de fil ou d’électrode, mais tout n’est pas dans le textile : il faut tout de même un tout petit boîtier détachable, placé entre les omoplates, qui transmet les informations en Bluetooth au smartphone.

 

Pierre-Alain Chambaz

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